Qui aurait parié en 2006, alors que le géant canadien était au plus fort (maître incontesté du marché des constructeurs mobiles) qu’il serait six ans après en phase critique ?
Quelles sont les raisons qui l’ont conduit dans cette situation délicate ?
Tout d’abord, le manque de réactivité face à l’arrivée d’Apple et plus généralement, face à l’évolution du marché des smartphones pris d’assaut par Apple, Samsung et bien d’autres opérateurs.
Le Blackberry n’est même plus maître dans son propre jardin, le Canada, et s’est vu détrôné par Apple en termes de volume de ventes.
Ensuite, le gros bug d’octobre 2011, qui a duré 3 jours, n’a pas joué en sa faveur.
Enfin, la nouvelle tendance, le « bring your own device ». Les entreprises laissent de plus en plus leurs employés utiliser leurs mobiles comme téléphone professionnel. Cette tendance a pris date avec l’arrivée de l’Iphone, qui a bousculé les codes.
Research In Motion a un pied à terre et certaines rumeurs imaginent même déjà son rachat par Nokia, Amazon ou Microsoft.
Quelles sont les forces de Blackberry pour réagir ?
Son cœur de cible : Les professionnels. Selon certaines sources, RIM voulait se retirer du marché grand public pour uniquement se concentrer sur une cible professionnelle.
Le Blackberry plaît toujours autant aux professionnels pour sa simplicité, sa sobriété et pour son clavier physique. Blackberry reste également le champion de la sécurité. RIM possède un parc de solutions de gestion qui couvrent les différents besoins des entreprises (de la PME à la multinationale).
Qu’est ce que Blackberry 10 ?
Il s’agit du nouveau système d’exploitation de la marque canadienne qui devrait équiper les futurs modèles d’ici la fin de l’année 2012.
« BB 10 » devrait être doté d’un native SDK possédant une interface Cascades et qui permettra de construire des applications en C/C++ ou en QML. L’interface devrait, selon les dires des responsables de la marque, augmenter la qualité graphique sans pour autant utiliser de codes graphiques complexes.
Le nouveau système d’exploitation accepte également les applications sous HTML5 et Android / Java.
L’objectif ?
Séduire les développeurs. Pour se relancer sur le marché grand public, Research In Motion doit palier son retard en termes de parc d’applications. Il s’agit, aujourd’hui, d’un incontournable sur smartphones. Il y a déjà du progrès dans ce sens puisque Blackberry compte 70 000 applications disponibles, ce qui reste néanmoins très en dessous de ses concurrents puisque l’Apple store compte 450 000 applications et Android 350 000.
Blackberry a également investi 100 millions de dollars pour encourager les programmeurs. Or, son nouvel OS 10 est un signe d’ouverture car l’HTML5, le CSS et Java sont les plateformes de référence.
Disparition du clavier physique?
Le problème de RIM était de pouvoir offrir un clavier tactile aussi performant que le clavier physique, qui est également sa marque de fabrique. Comment le faire accepter auprès des réfractaires et des professionnels ?
Pour rappel, la première tentative de clavier tactile n’était pas une réussite (Blackberry Storm de 2008).
Le clavier physique ne disparaît pas totalement puisque des modèles seront lancés par la suite.
En attendant la sortie de l’OS 10, voici une courte présentation du système d’exploitation lors du Blackberry World 12 keynote.
Source: developpez.com et itespresso.fr
Yoann Poaty


